(Paris, 20 octobre 2009)
Le président de la République félicite le peuple afghan pour le courage, la détermination et la sagesse dont il a fait preuve tout au long de la campagne électorale et de l’élection. Ceux qui ont pu participer au vote, malgré les violences et les difficultés, ont montré leur attachement à la démocratie et affirmé leur volonté de pouvoir choisir leurs gouvernants.
Après de longues semaines d’examen des résultats, ceux-ci ont été proclamés à l’issue d’un processus rigoureux qui fait honneur à l’Afghanistan. Les institutions mises en place ont bien fonctionné et ont permis de rectifier les résultats en éliminant les fraudes.
Le président Karzaï a réuni sur son nom, et de loin, le plus large soutien du peuple afghan dès le premier tour. Le Dr Abdullah a lui aussi obtenu un score important qui montre que son message a été entendu dans le pays. Le choix final appartient maintenant à l’Afghanistan lui-même.
La déclaration du président Karzaï montre à chacun qu’il est un homme d’Etat, qui sait distinguer l’essentiel, dans l’intérêt supérieur de son pays et de l’unité du peuple afghan. Le chef de l’Etat tient à la saluer chaleureusement.
La France restera engagée aux côtés du peuple afghan et de son futur gouvernement. Nous travaillerons avec lui pour construire un Afghanistan indépendant, débarrassé du terrorisme et stable. Ceci passe par une nouvelle gouvernance, une prise en charge accrue des responsabilités de sécurité par les Afghans eux-mêmes et l’inclusion dans la vie politique afghane de tous ceux qui renoncent à la violence./.
(Source : site Internet de la présidence de la République)
(Paris, 20 octobre 2009)
Q - M. Karzaï est-il disposé à accepter un second tour de l’élection présidentielle ?
R - Je pense qu’il acceptera. Je pense que ce n’est pas possible autrement. Il a en effet contesté - je le sais parce que je lui en ai parlé hier et avant-hier, à de nombreuses reprises - un certain nombre de chiffres qui viennent des terres pachtounes où il aurait dû avoir plus de voix. Des voix ont été annulées, ce sont des experts de l’ONU qui ont fait cela.
Quoi qu’il en soit, je pense que le président Karzaï est assez sage et, de toute façon, il est élu : je ne sais pas s’il a 47, 48, 49 % des suffrages. En tout cas, son concurrent, le docteur Abdullah Abdullah a 24 % des voix. M. Karzaï sera élu - il est élu. Mais le fait d’avoir un deuxième tour me paraît très important parce que c’est une preuve de démocratie. Que l’Afghanistan emprunte plus clairement le chemin de la démocratie est une bonne chose.
Q - Ce deuxième tour est-il réalisable très rapidement, avant l’hiver, à condition que M. Karzaï l’accepte parce que pour l’instant son camp dénonce cette enquête ?
R - Oui, ils discutent, mais c’est de la politique. Ce n’est qu’un problème politique et ils arriveront donc à se mettre d’accord. Le président Karzaï ne s’élèvera pas contre toute la communauté internationale, qui lui apporte un soutien considérable. Je le sais puisque nous en avons, encore une fois, beaucoup parlé. De plus, il a accepté de travailler avec le docteur Abdullah. Je crois que cette unité-là est très notable et nous n’avons pas été pour rien dans cette décision, nous les Français.
Q - Est-il possible de réaliser ce second tour très rapidement, on parlait de trois semaines, avant l’hiver ?
R - C’est la véritable question et c’est d’ailleurs pour cela que certains se seraient contentés d’un seul tour ; le deuxième tour est très difficile à organiser. Il doit l’être dans les premiers jours de novembre. Or, en raison de la neige et du froid, il sera difficile d’accéder à certaines zones du pays. Mais il faut le faire, l’ONU l’a préparé, les bulletins de vote sont, je crois, déjà imprimés. Il faudra transporter le matériel électoral, à dos de mule, en avion, en camion, etc.
Q - Cela veut dire qu’une possibilité d’entente entre M. Karzaï et M. Abdullah Abdullah, pour faire une sorte d’union nationale, est abandonnée au profit d’un second tour qui doit avoir lieu ?
R - Le second tour mènerait, je l’espère - pas forcément dans la bouche du président Karzaï et du docteur Abdullah - à un gouvernement d’unité nationale - je pense qu’ils n’aiment pas ce terme -, enfin à un travail commun sur un plan de développement que la France a proposé, en neuf points. Les Afghans pourront peut-être créer - ce sont eux qui décident - un poste de secrétaire général du gouvernement qui harmoniserait les choses et mettrait en marche et donnerait de la consistance à ce plan de développement.
Q - Maintenant, si je vous comprends bien, il reste à attendre la date de ce second tour qui, pour vous, est inéluctable ?
R - Disons à 95 %. Je suis assez heureux d’avoir participé à ce mouvement nécessaire de pression, certes amicale, mais de pression assez ferme auprès des Américains. La France a été, je crois, décisive. "Vos amis sont là, Monsieur Karzaï, vos amis sont là, Monsieur Abdullah, travaillez ensemble"./.